Editorial Cap Digital

L’entreprise française Criteo vient de subir une chute historique de son cours en Bourse. Pourquoi ? Parce qu’Apple a mis en place un système bloquant les cookies sur les smartphones, un aspect de la réglementation européenne sur l’e-privacy (RGPD) à venir en 2018. C’est une tendance dont nous vous parlons depuis plusieurs mois maintenant : la refonte de la gestion des données personnelles.

Pour comprendre les enjeux d’une telle législation, l’impact sur nos données personnelles et les actions à mener pour les acteurs économiques pour s’y conformer, l’équipe de veille de Cap Digital a entamé une réflexion autour de ces questions depuis quelques mois. Nous avons interrogé l’avocat Jean-Baptiste Soufron pour comprendre le RGPD et organisé une table ronde cet été pour en évoquer les opportunités. Puis, en novembre dernier, nous avons étudié la question de l’e-privacy et des enjeux qui pèsent sur nos données personnelles. Dernièrement, nous vous parlions aussi de gestion de données dans un Récap’. Vous l’aurez compris, nous pensons que son ampleur mérite une réflexion approfondie.

C’est pourquoi à l’occasion de notre dernier dossier pour cette année, nous avons souhaité demander à nos experts, adhérents et chercheurs leurs positions sur les enjeux de sécurité de la donnée. Nous avons voulu comprendre la façon dont les infrastructures s’adaptent aux exigences juridiques et à celles de leurs utilisateurs, toujours plus informés, qui influencent de plus en plus le développement des produits. L’année 2018 promet d’importants changements dans la façon qu’ont les organisations de gérer des données. La création de postes de Data Protection Officer (DPO), chargé de veiller à la conformité à la législation, effet de mode ou réelle évolution organisationnelle? Notre réflexion se poursuivra donc, notamment autour des algorithmes, boites noires et part d’ombre. Les avancées de l’intelligence artificielle étant une tendance non négligeable, influençant la gestion de données, ces problématiques se doivent d’être explorées pour comprendre, et mesurer l’amplitude de la mouvance vers une nouvelle gestion plus responsable et respectueuse de la vie privée.

Peut-on alors s’attendre à une gestion de nos données facilitée et sécurisée ? C’est une question récurrente, qui fleurit actuellement dans les médias, souvent en réaction à des piratages spectaculaires de données personnelles en ligne, comme le cas d’Uber, particulièrement marquant. Particulièrement sensibles aux effets désastreux sur leur marque, les organisations tentent aujourd’hui d’anticiper et de se positionner sur un créneau porteur, celui de l’éthique des données. Tous les secteurs sont concernés. Parmi d’autres, le secteur bancaire connait ainsi des bouleversements réglementaires. La directive européenne PSD2  va, plus largement, bouleverser profondément la gestion des données bancaires.

Cependant, touchant un plus grand nombre d’acteurs, c’est bien le RGPD qui anime la majorité des débats sur la gestion des données personnelles, autant parmi les acteurs économiques que parmi les particuliers. Dans un contexte de numérisation de l’environnement des individus, qui, de fait, sont de plus en plus sujets aux attaques en ligne sur leurs données, les fournisseurs de services (les entreprises) et les particuliers (les utilisateurs) sont autant concernés : chaque acteur est responsabilisé, dans l’optique d’une vie privée préservée.

Si pour ce dossier, nous avons placé notre focus sur les questions de sécurité de la donnée dans les nouveaux contextes réglementaires, nous continuerons d’explorer tout au long de l’année 2018 d’autres problématiques connexes, dans l’objectif d’éclairer les changements à venir.

■ L’équipe de veille Cap Digital

Chiffres clés

Quelques défis

57 millions

C’est le nombre d’utilisateurs touchés par la violation des données personnelles d’Uber révélée en novembre dernier (Le Monde, 11/2017)

3,4%

C’est le taux de croissance du secteur logiciels et services en 2017 (Syntec, 2017)

1 Mds $

C’est le montant anticipé des dépenses des entreprises françaises en 2018 pour se mettre en conformité avec le RGPD (Estimations IDC France, novembre 2017)

4% du CA

C’est le montant maximum de la sanction pour toute entreprise ne respectant pas le RGPD lors de traitements en lien avec un membre de l’Union Européenne (CNIL, 2016)

  • RGPD

  • Transformation numérique

  • Education

  • Sécurité

  • Confiance

1 MUTATION DES SYSTEMES DE SECURISATION DES DONNEES

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