SOMMAIRE

Editorial Cap Digital

Avec une 7ème édition qui a fait la part belle aux innovations dans le domaine du sport, de la santé et du bien-être, en plein dans l’Euro 2016, le festival Futur en Seine a permis la mise en valeur de nombreux prototypes et solutions présentées par les acteurs parmi les plus innovants de l’écosystème santé. Et cet écosystème représenté par Cap Digital est conséquent, puisque le pôle comprend pas moins de 200 adhérents sur ce marché et l’un des taux de dépôt de projets R&D collaboratifs les plus importants. Futur en Seine, c’était surtout l’occasion de dresser un état des lieux des problématiques rencontrées aujourd’hui par ces acteurs, dans leur croissance et leur développement. Dans leurs pratiques, leur prise en compte des usages et des enjeux éthiques et de sécurité. Et enfin dans leur appréhension des innovations, dont ils sont à l’origine ou dont ils doivent se saisir pour opérer leur transformation numérique. Nous avons donc souhaité dans ce dossier de veille traiter ce sujet en trois axes : les innovations santé et nouvelles technologies, le rapport à la donnée et la silver économie.

L’innovation en santé, entre promesses et défis 

D’après l’INSEE, en 2014, la dépense courante de santé, qui regroupe les financements publics et privés, atteignait 12% du Produit Intérieur Brut (PIB) soit environ 250 milliards d’euros tandis que la consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) de son côté représente 8% du PIB en 2014, et croit d’environ 2.5% par an. Des chiffres qui soulignent l’importance des dépenses de santé au niveau national tandis que les innovations technologiques suscitent de nombreux espoirs, tant en ce qui concerne l’amélioration de la qualité de l’offre de soins – prolongation de l’espérance de vie, meilleure prise en charge, fiabilité d’un diagnostic intervenant plus tôt dans la vie du patient – que de l’évolution d’un modèle économique profondément mis à mal par le vieillissement de la population : des startups développent par exemple des solutions numériques d’optimisation de la répartition des lits d’hôpitaux afin de réduire les coûts ; les objets connectés (wearables) deviennent les vecteurs d’une meilleure politique de prévention et ainsi diminuent la dépense liée à une prise en charge tardive de la maladie.

Nombreux sont les acteurs qui s’interrogent sur les possibilités offertes par les innovations à notre système de soins : Futur en Seine a permis de se pencher les opportunités ouvertes dans la lutte contre le cancer, de revenir sur les différents enjeux de la Silver Economie (le marché du vieillissement de la population) et d’échanger sur les possibilités d’innovation ouvertes « par et pour le patient ». La e-santé est un thème fort de l’actualité de ces derniers mois, depuis l’adoption de la Loi de Modernisation de notre Système de Santé le 26 janvier 2016, à la tenue de la première « Journée Nationale Numérique Formation et Santé » (#JNNFS) le 30 juin 2016, et au succès confirmé des rencontres d’affaires AP’INNOV, organisées par l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (APHP) le 14 juin 2016. Ce mouvement s’accompagne d’une prise de conscience globale, y compris dans les entreprises, de l’intérêt de l’innovation en santé – l’amélioration du bien-être au travail a des répercussions positives sur la croissance d’une entreprise par exemple – mais aussi du défi qu’elle représente : une étude de la Direction Générale des Entreprises (DGE), Syntec et le PIPAME insiste en effet sur la nécessité pour la France de prendre rapidement le tournant de l’innovation en santé sous peine de se voir dépassée au niveau international et de perdre l’avantage comparatif qu’elle détient aujourd’hui.

Persistance de verrous structurels, éthiques et technologiques

En effet, les nouvelles technologies en santé se heurtent à des difficultés structurelles, sur lesquelles nous revenons dans ce dossier, qui concernent d’une part l’accès au marché – les startups ont rarement les moyens de financer des essais cliniques longs et coûteux – et d’autre part une inadéquation aux besoins du patient : on reproche parfois aux wearables d’être des gadgets sans réel apport pour la santé de l’usager, en raison d’un manque de perméabilité entre l’écosystème innovant et les acteurs traditionnels de santé, dont en particulier les médecins.

Dans le même temps, l’innovation en santé fait apparaître clairement les limites de notre système de soins et la nécessité de le faire évoluer afin de répondre au mieux aux enjeux – notamment éthiques – posés par les nouvelles technologies, tels que l’utilisation du Big Data et des données personnelles du patient, qui doit être encadrée légalement, l’apparition des serious games qui changent en profondeur la formation du médecin, ou encore de la robotique et de l’intelligence artificielle, qui font leur entrée à l’hôpital.

Le secteur de la santé est vaste et ses problématiques, nombreuses et transversales ; données de santé, simulation permise par le calcul haute performance (HPC), objets connectés, utilisation des réseaux sociaux, réalité augmentée et robotique de service constituent autant de leviers déjà en train de bouleverser notre offre de soins. Nous avons choisi de fournir un éclairage, non exhaustif, sur trois grandes thématiques : à quoi ressembleront les dispositifs de santé de demain et qu’apportent-ils ? Quels challenges à l’utilisation du Big Data en santé ? Quelles réponses les structures innovantes peuvent-elles apporter face au vieillissement de la population ?

■ L’équipe de veille Cap Digital

Chiffres clés

Quelques défis

2,7 milliards d’euros

C’est le poids du marché de la e-santé en France en 2014 – un poids qui pourrait atteindre 4 milliards d’euros en 2020 selon les prévisions (Source : Xerfi- Precepta)

70%

du CA du secteur est généré par des entreprises de taille intermédiaire (ETI), 30% par des startups

38.35 millions d’euros

C’est le montant global des fonds levés par 7 membres de Cap Digital depuis 2015

15 à 23 milliards d’euros

C’est ce que représentera le marché des dispositifs connectés entre 2020 et 2025 (Source : AT Kearney)

59%

des Français font confiance aux nouveaux acteurs de l’innovation pour leurs démarches de prévention (Source : Baromètre Santé 2016 Deloitte et IFOP)

24%

des Français ont déjà utilisé une application de suivi de l’activité physique (Source : Baromètre Santé 2016 Deloitte et IFOP)

  • Règlementation

  • Big data

  • Usages

  • Mobile

  • International

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