Editorial Cap Digital

2016

s’annonce comme une année charnière pour le sport. La France accueille sur son territoire la quinzième édition du championnat d’Europe de football, que l’on appelle plus communément l’Euro 2016. Dans cette perspective, de nombreux stades ont été construits (Bordeaux, Nice, Lyon), quand d’autres ont opérés une mue spectaculaire, jusqu’à être entièrement connectés et refléter de nouvelles formes du sponsoring (Stade Matmut Atlantique à Bordeaux, Allianz Riviera à Nice). Paris prévoit à cette occasion des animations dans la ville avec l’émergence de fan zones connectées, implantés sur l’espace public. La ville de Paris a également officialisé en juin 2015 sa candidature pour les JO 2024 et a véritablement lancé sa campagne le mois dernier. Une mobilisation qui devra se poursuivre jusqu’à l’élection de la ville hôte des JO en 2017. Une préparation pour des événements de grande ampleur qui accélère les mutations déjà en cours. Notamment celle de l’enceinte sportive comme lieu de vie et de services. Nous sommes à l’aune d’un tournant pour un secteur que l’on a pourtant souvent dit en retard sur le numérique.

Nous avons souhaité dans cette lettre de veille, au-delà des effets d’annonce de tel dernier dispositif connecté, donner la parole à celles et ceux qui innovent dans le sport. Nous en aborderons les enjeux majeurs, que nous mettrons en perspective lors de l’édition 2016 de Futur en Seine, placée sous la thématique du sport et de l’homme augmenté.

On observe une grande effervescence dans la pratique du sport. Tout d’abord une réduction de l’écart entre le professionnel et l’amateur, dans le sens où ce dernier a accès

  • des logiciels et outils de plus en plus sophistiqués qui lui permettent de mieux gérer sa pratique. La digitalisation des pratiques du sport amateur est en marche : réseaux sociaux thématiques (bien qu’ils soient nombreux au départ, mais peu à survivre à l’arrivée), monitoring d’activité sur soi et
  • l’intérieur du corps, qui permettent un suivi de plus en plus fin et le plus souvent couplé à un service de conseils personnalisés… Un enjeu bien compris par les salles de sport qui multiplient les expérimentations, de l’installation interactive à la gestion des cotisations ou des réservations. Un système que l’on peut relier à des objets connectés, à l’exemple du partenariat Mindbodyconnect et FitBit qui a été noué en octobre 2015. Une évolution des usages est également perceptible du côté du spectateur. En effet, la façon dont le fan s’informe est aujourd’hui multiple : par le sportif lui-même, via les réseaux sociaux, via l’information produite par d’autres utilisateurs, ou via une application second écran.

Un nombre important de verrous est actuellement en train de sauter. Des verrous d’ordre juridique d’abord, avec l’évolution des droits (détenteurs traditionnels ver-sus immédiateté des usages) et la perspective du marché unique numérique européen. Technologique ensuite, avec la connectivité croissante des enceintes sportives, exigée par des utilisateurs ultra connectés, ou encore les progrès de l’ultra haute définition, la précision des caméras embarquées et des capteurs, ou enfin l’incursion de la réalité virtuelle. Bien que celle-ci soit à nuancer tant les dispositifs actuels semblent encore trop lourds et en majorité inadaptés à la pratique sportive. Ces évolutions sont aussi d’ordre économique, avec l’émergence d’acteurs agiles et un business de plus en plus concentré sur la data. Elles touchent finalement aux usages, avec la montée en puissance de l’e-sport, qui est progressivement reconnu comme un sport à part entière dans de nombreux pays et qui se professionnalise ; ou encore, à l’image d’autres secteurs, l’émergence du « majordome » numérique, sorte de coach virtuel pour la pratique du sport. Enfin des usages différenciés selon les générations, une distinction de mieux en mieux comprise par les clubs.

« On observe une grande effervescence dans la pratique du sport »

En filigrane se pose la question de la donnée, son utilisation pour modéliser les performances, connaitre le profil du sportif et lui prodiguer des conseils personnalisés, lui fournir un contenu adapté pour des usages particuliers et un accès à des statistiques temps réel, constituer un facteur réel de motivation… Tout cela en est encore à ses balbutiements mais devra nécessairement évoluer pour trouver de nouvelles externalités, de nouveaux modèles pérennes et ainsi couvrir des investissements toujours plus élevés.

■ L’équipe de veille Cap Digital

Chiffres clés

Quelques défis

66%

des sportifs renoncent à la pratique d’un sport par manque de temps (source : ffco.org)

62,5%

des plus de 15 ans pratiquent du sport au moins une fois par semaine (80% chez les moins de 15 ans) (Source: ffco.org)

43%

des Français considèrent que la qualité des offres payantes des diffuseurs est insatisfaisante (Source : Kurt Salmon)

70%

des supporters apportent leur smartphone au stade avec l’intention de s’en servir en lien avec le match (Source : Standford Business)

  • Données

  • Connectivité

  • Interopérabilité

  • Mobile

  • Engagement

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