Editorial Cap Digital


A l’occasion de l’exposition « Revoir Paris » qui se tient actuellement à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine à Paris, François Schuiten et Benoît Peeters ont présenté une bande dessinée prospective esquissant un nouveau « Pârhy » au XXIIème siècle.  Albert Robida, en 1890, livrait déjà sa vision urbaine dans son ouvrage Le vingtième siècle et décrivait un système de transport complet : « l’aérocab fila en droite ligne par dessus les ponts superposés de la Seine, les viaducs doubles et triples, construits pour les différents tubes, ces artères qui mènent et promènent sans cesse, du cœur aux extrémités de la France, des flots mouvants de voyageurs ».

L’un des points communs des utopies et projets urbains présentés dans le parcours d’exposition est l’intégration du mouvement, de la circulation et des déplacements dès l’étape de conception. Il y a bien entendu les infrastructures, qu’elles soient terrestres ou aériennes, les mobilités horizontales et verticales, tels les projets de tours les plus visionnaires et les plus fous (comme par exemple « les tours maisons » d’Auguste Perret pour Paris en 1922). Mais elles supposent également la prise en compte d’aspects économiques et sociologiques, ce qui renvoie à la typologie de ces déplacements.

Les migrations pendulaires (domicile – travail) prennent de l’ampleur avec la périurbanisation et l’étalement urbain, mais les déplacements pour les loisirs, le tourisme, les services occupent également une place de plus en plus importante de notre temps de transport. La capacité des individus à se déplacer devient une condition de réussite personnelle, l’accès à la mobilité un enjeu pour l’intégration sociale des individus et l’égalité des territoires.

On peut décider d’effacer sa mobilité – notamment avec le report modal – ou bien de l’articuler de façon de plus en plus fine et transparente. Le passage d’un mode de transport à un autre, l’intermodalité, se veut plus souple. Peut-on ainsi dire qu’il y a autant de mobilités que de voyageurs ? Comment prendre en compte cette granularité dans un contexte de transport de masse ? Les symboles de la mobilité individuelle que sont la marche, le vélo et la voiture connaissent des transformations avec le numérique. La voiture devient connectée, servicielle, sans chauffeur. Les systèmes de transport sont un des rouages de la ville intelligente, éco-système intégrant l’énergie, l’environnement, le bâtiment…

Face à ces enjeux, les pouvoirs publics élaborent des plans de déplacement urbains et des schémas de mobilité afin d’organiser les transports de personnes, de marchandises et développer des modes de transports alternatifs à la voiture particulière. En Île-de-France, le schéma d’organisation est spécifique, l’organisation des transports de voyageurs est confiée au Syndicat des transports d’IDF qui agit comme l’autorité organisatrice des transports et coordonne les actions de la RATP, de la SNCF, ainsi que d’autres sociétés privées agissant comme opérateurs de transport.

Leur exploitation peut être, hors Île-de-France, confiée à des autorités exploitantes, tel que les communes, les groupements de communes et les départements. La mobilité touche cependant plus largement : bailleurs, opérateurs et promoteurs immobiliers, aménageurs, constructeurs automobiles, sociétés du bâtiment et des travaux publics…

« Les symboles de la mobilité individuelle que sont le vélo et la voiture connaissent des transformations avec le numérique »

Ces acteurs traditionnels voient le paysage des transports publics bouleversé par l’arrivée de petits acteurs plus agiles et disruptifs. La gestion de la mobilité, qu’elle soit urbaine ou interurbaine, s’en trouve fortement impactée. Les services de transport sont ainsi remodelés avec la donnée, qui façonne de nouveaux services et rend le transport intelligent, qu’il soit individuel ou collectif, par la connexion des objets… Le temps réel, la simplification de l’information voyageurs, la recommandation, la géolocalisation et la connaissance des flux de déplacements, la billettique et les places de marché, la maîtrise énergétique, de la congestion urbaine, la couverture numérique d’une zone donnée ou la transformation des gares et lieux d’attente sont autant de leviers qui dessinent de nouvelles mobilités. L’ambition, pour beaucoup des acteurs de la filière, est d’être la plate-forme multimodale de référence et ce à différentes échelles.

 


■ L’équipe de veille Cap Digital

Chiffres clés

Quelques défis

50%

des Français utilisent les transports publics : bus, métro, tramway, RER, TER
(Source : 4e édition de l’observatoire de la mobilite de l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP), Sept. 2014)



14,9%

C’est le poids du secteur transport dans les ventes par Internet
(Source : Observatoire du Numérique, 2014)



80%

de la population mondiale sera urbaine en 2050


75%

des Français ont une voiture; 43% l’utilisent tous les jours ou presque
(Source : 4e édition de l’observatoire de la mobilite de l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP), Sept. 2014)



7,2 milliards

C’est le chiffre d’affaires, en dépenses d’exploitation, du transport urbain
(Source: UTP, 2014)


95

Jeux de données ouvertes à Paris en 2014 contre 1102 à Helsinki
(Source : La Fabrique de la Cité)


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