Editorial Cap Digital

Après les modèles économiques du web (Lettre de veille prospective #19), l’équipe de veille de Cap Digital aborde un nouveau sujet transversal, dans cette lettre #21, qui touche désormais quasiment tous les secteurs de l’économie : la transformation numérique des entreprises. Il semble difficile a priori de définir avec exactitude le périmètre des activités de l’entreprise concernées par cette transformation. Le fait que les entreprises aient déjà fait face, dans les décennies précédentes, à l’informatisation de leurs processus brouille également les repères. En quoi la rupture du numérique est-elle plus radicale ?

L’accélération des avancées technologiques  – en un  mot de l’innovation- explique en grande partie la place de ce terme dans le discours aujourd’hui. Le développement du Web, du mobile, des objets connectés ou encore du traitement des données à grande échelle (Big data) bouleversent le fonctionnement et les modèles économiques des entreprises. Ces évolutions rapides sont à la fois sources d’opportunités et de risques : une étude du cabinet Capgemini et du MIT montre que les entreprises les plus matures en matière de numérique possèdent des performances 26% supérieures à la moyenne de leur secteur tandis que les moins avancées ont des résultats 24% inférieurs à la moyenne de leur industrie. Certains secteurs ont bien sûr été confrontés très tôt aux défis du numérique  à l’instar de la musique et ont dû évoluer en profondeur  pour survivre et rester compétitives. D’autres industries telles que l’assurance ou la banque se retrouvent à leur tour vivement confrontées à la nouvelle donne de l’économie numérique,  lorsque de nouveaux  acteurs  (« pure players » de l’internet) se trouvent en capacité d’entrer dans leur terrain de jeu, grâce à leur intime connaissance du client, qu’ils peuvent développer et valoriser dans une vision globale et longitudinale de ses usages.

La transformation digitale n’est pas un effet de mode, une simple mise à jour technologique comparable à celles que l’entreprise est habituée à intégrer vague par vague : c’est un des facteurs-clés de la performance des entreprises, voire même de leur pérennité dans bien des cas. Les entreprises ont déjà pu mesurer les intérêts que présente le numérique pour leurs fonctions de front office, en contact avec le client : site web, commerce électronique, communication digitale. Au-delà, confrontées à la pression de tout leur écosystème, leurs clients, leurs fournisseurs, leurs collaborateurs,  qui adoptent rapidement les innovations technologiques, les entreprises doivent prouver leur capacité à bouger, à faire différemment, à se réinventer, même lorsqu’il faut pour cela remettre en question ce qui fonctionne parfois très bien.

Des ruptures d’usage qui sous-tendent cette nécessité du mouvement sont nombreuses. Une des tendances lourdes est notamment le passage d’une économie de la propriété de biens matériels à une économie de l’usage. L’essayiste américain Jérémy Rifkin en avait décrit les contours dès 2005 dans son ouvrage «l’Age de l’Accès» : le service devient aussi important que la notion de propriété. L’automobile, marqueur social par excellence, est ainsi de moins en moins considérée comme un bien de consommation spécial mais comme un simple outil à la mobilité. Il suffit  d’observer les succès de l’autopartage et plus généralement de l’économie collaborative, pour s’en convaincre.

Ainsi, le  numérique  affecte toutes  les fonctions des entreprises : R&D, marketing, communication, service d’information, ressources humaines, service   après- vente,  logistique, distribution, et enfin l’axe central que constitue  la relation client. La transformation digitale implique de questionner son modèle économique, dans un  environnement par définition mouvant. Au-delà des aspects de performance économique et de capacité d’innovation,  la transformation s’appuie sur le terreau d’une nouvelle culture numérique de l’entreprise, basée sur l’empowerment des collaborateurs, et sur des circuits d’information, de communication, de décision qui laissent la part à la transversalité, à l’initiative et la créativité des individus et des groupes.  Cette révolution culturelle se traduit par de nouvelles manières de travailler (co-working et travail sur projets, télétravail, communication horizontale), de concevoir l’innovation de manière transverse au sein de l’organisation et de manière systémique entre l’entreprise et son écosystème.

« La transformation numérique est un des facteurs clés de la performance des entreprises »

Si  de   nombreuses   entreprises   sont   conscientes   du potentiel de la transformation numérique, des freins ralentissent le passage à l’action : complexité de la remise en cause des process, culture et compétences mobilisables pour la conduite du changement.  Ces défis, par leur ampleur, peuvent justifier un accompagnement.

Cap  Digital, en  tant   que  pôle  de  la  transformation numérique,   entend   prendre   part   à   cette   dynamique collective en proposant  à ses membres une offre adaptée aux  entreprises  en  transformation,  dans  la  lignée  des actions déjà menées. Fort de son expertise dans la structuration   de  l’écosystème  numérique  francilien, de sa qualité de tiers de confiance et en s’appuyant sur les compétences  de ses membres,   Cap Digital accélère  les liens entre Grands Comptes, PME, Startups, Laboratoires, au travers différentes initiatives et offres de services :

L’AACC  Cap Digital Startup  Project, qui se  focalise  sur la relation Agence de communication  – startup  ; La mise en relation Grand Compte – PME – Laboratoires, à partir d’une expression de besoin de la part du Grand Compte, et d’une sélection opérée par le pôle ; L’accompagnement de Grands Comptes dans  l’identification et l’organisation de « Challenges » liés à la transformation  numérique de leur modèle d’affaires, à la prise en compte des Big Data, etc…

Cap Digital adresse  8 grands  marchés  qui se trouvent profondément  transformés par le numérique : Médias, Education et Formation, Commerce et Distribution, Maison Ville et Transports intelligents, Santé et Bien-Etre, Entreprise et Etat, Communication et Publicité, Tourisme et regroupe les  acteurs  économiques  qui  concourent  à  la  création de valeur sur ces marchés, et invite toutes les entreprises cherchant à bénéficier d’un écosystème numérique unique en France à rejoindre le pôle de compétitivité.

¦ L’équipe de veille Cap Digital

Chiffres clés

Quelques défis

90%

C’est le temps passé par un client en ligne avant un achat (B2B). Contre 60% en 2010
(Source : Bain & Co, 2014)

+26%

Sur-performance entraînée par une forte maturité numérique par rapport à la moyenne d’un secteur (source : Capgemini consulting et MIT Center for Digital Business)

-24%

La sous-performance due à une transformation numérique faible, par rapport à la moyenne d’un secteur
(Source : Capgemini Consulting et MIT Center for Digital Business)

  • Interopérabilité

  • Sécurité

  • Big data

  • Usages et relation client

  • Environnement

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