Editorial Cap Digital

 Placé cette année presque tout au sommet (dépassé tout de même par l’impression 3D, et la gamification) de la courbe des tendances de Gartner, le big data est le sujet numérique hype par excellence en 2013. Il y a 3 ans, il ne figurait pourtant même pas sur cette courbe, avant qu’une étude McKinsey de juillet 2011 n’explique le potentiel de l’exploitation des données, que nombre d’observateurs se sont depuis plu à qualifier « d’or noir ».

Comme utilisateur final ou comme fournisseurs de solutions, les entreprises de Cap Digital sont parties prenantes de cette dynamique, stimulée par plusieurs appels à projets sectoriels ou transversaux, à l’image des trois appels à pro-jet « cloud computing » lancés depuis 2011 dans le cadre des investissements d’avenir. Ce type d’initiative vise à encourager l’entreprise à adresser des verrous technologiques, mais permet aussi de mettre en réseau les acteurs du traitement de données, et progressivement de mettre en place une filière de la donnée. L’Alliance Big Data ou, à l’échelle internationale, la Research Data Alliance, poursuivent précisément cet objectif.

Au décloisonnement des acteurs doit s’ajouter le décloisonnement des compétences, essentiel à l’émergence du «data scientist», caractérisé par un habile équilibre de disciplines dans lesquelles la France est reconnue de la City londonienne à la Silicon Valley californienne : les mathématiques, l’informatique et la statistique. Des dizaines de milliers d’emplois, voire des centaines de milliers en Europe, et indirectement la compétitivité de la filière française du big data dépendront de cette capacité à mettre en réseau acteurs et compétences. La plan de soutien présenté par la Ministre déléguée à l’économie numérique va dans ce sens.

Communauté de plus de 700 structures de l’innovation numérique, présent sur 8 marchés applicatifs (dont la santé, le marketing et la ville intelligente) et 3 marchés technologiques parmi lesquels celui de la donnée, Cap Digital est logiquement mobilisé autour de cet enjeu, mobilisation formalisée au cours des mois prochains par un groupe de réflexion organisé en partenariat avec Havas Media.

Pourquoi une telle mobilisation ? Pour permettre à notre industrie de jouer un rôle de premier plan sur un marché qui pèse aujourd’hui 5 à 6 Mds $ dans le monde, et autour de 50 Mds à horizon 2017-2018, selon différentes estimations. Ces chiffres additionnent en général plusieurs segments, et notamment les serveurs, les logiciels et le stockage.

« Volume, vitesse et variété des données : un triple défi qui implique le décloisonnement des acteurs et des compétences »

Tout responsable informatique chevronné nous dira pourtant que les entreprises ont depuis longtemps été confrontées à de grandes quantités de données, alors quel est le « technology trigger » qui a propulsé le big data sur toutes les présentations ? Il suffit pour répondre de reprendre l’une des définitions les plus courantes du terme, proposée par Gartner en 2001, et reposant sur trois « V », à savoir une croissance forte, voire exponentielle des volumes, des vitesses de captation et de traitement, ainsi que de la variété des données.

L’apparition des réseaux sociaux et du web 2.0 en général, et aujourd’hui la généralisation des objets connectés (terminaux mobiles, montres, automobiles, compteurs, etc.) sont les principaux responsables des 1,8 zettaoctets de données générées en 2011, soit l’équivalent de l’ensemble des données créées depuis le début de l’humanité jusqu’en 2003, et 9 fois plus que ce qui a été généré en 2005 (source : IDC, Extracting Value from Chaos, 2011) . Dans huit ans, la masse des données sera cinquante fois supérieure à ce qu’elle est aujourd’hui.

Traditionnellement collectées à un moment puis disponibles plus tard pour être analysées, les données sont aujourd’hui mesurées et prêtes à être analysées en quasi temps réel, notamment grâce à la connexion des capteurs. Dans une société du temps réel, une donnée non analysée à temps a en effet beaucoup moins de valeur puisqu’elle est immédiatement remplacée par d’autres données. C’est ainsi le cas des informations relatives à la circulation (qui génèrent des itinéraires en temps réel) ou aux transactions financières (qui influent directement sur le comportement des acteurs financiers).

La multiplicité des sources actuelles de données, détaillée plus haut, est à l’origine d’une grande variété de données non structurées selon qu’elles soient liées à la géolocalisation, aux interactions sociales, à la consommation de contenus, à l’édition de données, aux log-in, ou à la mesure, par exemple. Or, les bases de données relationnelles traditionnelles sont peu adaptées à cette diversité.

A travers plusieurs acteurs marquants de l’innovation, cette 15è édition de la Lettre de veille prospective de Cap Digital traite les principaux enjeux économiques et technologiques du big data .

■ L’équipe de veille Cap Digital

Chiffres clés

Quelques défis

6,7 mds $

Le marché des données en 2012

4,4 millions

d’emplois créés dans le big data entre 2013 et 2015

48,3 mds $

Le marché data d’ici 2018

  • Marketing

  • Santé

  • Ville intelligente

  • Banque Assurance

1 STRUCTURER LA FILIÈRE

Si l’on parle désormais de big data dans tous les cercles économiques, quels sont les outils dont la France a besoin pour faire partie des acteurs qui comptent sur le marché de la donnée? Les formations, infrastructures, et regroupements professionnels sont-ils prêts à transformer l’économie.
Structurer la filière

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