Editorial Cap Digital

Les 16 et 17 décembre prochains se tiendra au Centre Pompidou la 7ème  édition des Entretiens du nouveau monde industriel, co-organisés par Cap Digital, l’IRI et l’ENSCI. Ces deux jours seront consacrés cette année à l’automatisation, notamment à travers les « algorithmes, données et individuations ». L’impression 3D, la collecte et le traitement de quantités massives de données sans que nous en ayons même conscience, ou encore le cloud computing ont en effet changé en profondeur notre façon de travailler.

Dans un article paru au mois d’août dernier, l’anthropologue américain David Graeber a tiré les conséquences de cette automatisation qui, en rendant inutile l’intervention humaine dans la plupart des tâches, renverrait selon lui les employés vers des activités purement cosmétiques, qu’il appelle « bullshit jobs » : des métiers jugés inutiles et inefficaces.

La nouvelle génération de startups et d’employés semble pourtant s’inscrire en opposition par rapport à un modèle du « white collar » qui ne fait plus rêver. Le numérique leur en donne en effet tous les outils. De la souplesse grâce au cloud computing, aux outils de communication de type Skype ou Adobe Connect, et aux suites bureautiques accessibles en mode saas (software as a service). Une palette variée d’espaces de travail, du co-working au campus technologique en passant par les fablabs, plateaux d’expérimentation, incubateurs et autres pépinières. Des outils de prototypage rapides grâce à l’impression 3D.

C’est donc toute une génération qu’il faut former à ces nouvelles méthodes de travail. Certes, des efforts importants restent à faire afin de répondre à la forte demande (plus de 40 000 emplois non pourvus) des entreprises dans le domaine du numérique, par exemple du côté des data scientists, ou des développeurs d’applications mobiles. Mais pour plusieurs des experts interrogés dans cette lettre, un autre enjeu clé est la capacité à apprendre à faire travailler ensemble des individus aux compétences variées : designers d’interfaces, développeurs, responsables de produit, community managers, etc. Artisan d’une économie dont les technologies, chaînes de valeur et modèles économiques évoluent constamment et dont les entreprises changent de taille, l’employé numérique doit en premier lieu faire preuve de souplesse et d’adaptabilité.

« Artisan d’un monde en évolution perpétuelle, l’employé numérique doit d’abord faire preuve de souplesse »

En parallèle, de nouveaux acteurs, associatifs ou purement numériques, apportent des solutions complémentaires en formation continue, pour l’apprentissage du code, ou pour aider des populations fragiles à trouver un emploi. Nous en avons rencontré plusieurs. Engagé dans la création des emplois de demain, l’Etat s’est également saisi du sujet en annonçant au début du mois d’octobre dernier le lancement de la plateforme d’enseignement en ligne «France Université Numérique » (FUN) ainsi qu’un agenda numérique pour l’enseignement supérieur articulé autour de 18 actions pour les 5 années à venir. L’enjeu est de taille, puisqu’il s’agit de faire en sorte que notre pays puisse s’appuyer sur son propre écosystème de formation en ligne, sans dépendre de grandes plateformes mondiales comme c’est parfois le cas dans d’autres segments de l’économie numérique.Les modes d’enseignement eux-mêmes deviennent plus souples et ré-inventent leurs modèles. A l’Ecole 42 ou dans les Mooc (massive open online course), le rôle du professeur se concentre sur des rendez-vous physiques ou numériques à haute valeur ajoutée, laissant les supports numériques prendre le relai là où il n’est plus strictement nécessaire. Les écoles et universités sont donc amenées à développer de nouveaux outils : e-learning, incubateurs, lieux d’expérimentation, élargissement de l’offre à de nouvelles cibles, formations communes avec d’autres établissements aux thématiques complémentaires allant jusqu’au regroupement comme c’est le cas pour l’IDEFI-CréaTIC qui réunit plusieurs universités et organismes de recherche.

■ L’équipe de veille Cap Digital

Chiffres clés

Quelques défis

40 000

Emplois non pourvus (Empirica et IDC : 2012)

400 000

Emplois à pourvoir dans le numérique d’ici 2015 (CNNUM)

52 000

Demandeurs d’emplois dans le domaine « SI et Télécoms » de catégorie A (Pôle Emploi : 2013)

72%

Des entreprises ont eu du mal à recruter au cours des 6 derniers mois (AFDEL: 2012)

  • Data

  • Applications mobiles

  • Systèmes embarqués

  • Cybersécurité

Backtoschool1 ADAPTER L’OFFRE ET LA DEMANDE

Les besoins des entreprises de l’économie numérique évoluent constamment en fonction d’une tectonique des technologies et modèles économiques à laquelle il faut constamment s’adapter. Dans les écoles et universités, mais également du côté des pouvoirs publics, l’enjeu est donc d’anticiper ces besoins pour pouvoir y répondre.
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